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Historique de la ville de Barre des Cévennes

Réunion

L'histoire de Barre est celle d'un haut lieu qui est passé par trois grandes phases très caractéristiques de l'évolution économique des Hautes-Cévennes.

Réunion

C'est probablement entre 2000 et 1800 ans avant notre ère que des hommes se sont installés définitivement sur la butte rocheuse qui domine le village, le Castelas. Isolée, elle offrait (et offre encore) une vue dégagée sur l'ensemble de la région ; ses pentes escarpées, couronnées par une modeste barre de rocher crénelée, permettaient de se protéger aisément. À l'époque gauloise, cet habitat perché s'est probablement transformé en un modeste oppidum qui valorisait, à peu de frais, les défenses naturelles de ce site remarquable. De cette antique occupation humaine, ne subsiste aucune trace. Quoi qu'il en soit, on peut présumer que, très tôt, les hommes se sont installés, par commodité, en contrebas de cet escarpement aride, à proximité des sources qui affleurent au contact des schistes et des grès. Quelques menues trouvailles attestent aussi d'une présence romaine. Il est vraisemblable qu'à cette époque Barre se situait à proximité de la « frontière » qui séparait deux grandes tribus gauloises, les Gabales au Nord et les Volques Arécomiques au Sud. Bien plus tard, l'arrivée des Francs dans notre région a, semble-t-il, repoussé vers le sud la frontière du Gévaudan créant ainsi une zone-tampon, la Vallée Française, qui conserverait le nom de ces conquérants venus du Nord.

L'émergence d'un bourg à l'époque médiévale

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Au XIe siècle apparaît, pour la première fois dans un document écrit, le nom de Barre. En 1052, est mentionné le «château », propriété du seigneur dénommé Frédol. Ce fortin de pierre et de bois s'élevait à l'extrémité orientale de cette butte. C'est probablement dans la première moitié du XIIle siècle que fut définitivement abandonné le castrum. Un document de 1265 mentionne le « château neuf » qui s'élevait au milieu de la localité. A cette époque, Barre n'était encore qu'un obscur village ; lentement, il va se hisser au rang de bourg dans le courant du XIVe siècle. En 1329, Barre obtenait le privilège royal d'avoir un consulat, autrement dit d'être administrée par deux consuls, les ancêtres de nos maires actuels ; c'était reconnaître au bourg et à sa « communauté d'habitants » une importance certaine. Par comparaison, Marvejols (pourtant bien plus importante) n'a eu des consuls qu'en 1366. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, le Gévaudan n'a pas été épargné par la grave crise qui a frappé la France à partir de 1348. Les épidémies et la Guerre de Cent Ans ont provoqué une forte diminution de la population. Barre n'a pas échappé à ce déclin comme en témoigne la réduction de sa population fiscale. Vers 1400, on relève une reprise démographique vite contrariée par de nouvelles difficultés (épidémies, hivers rigoureux, insécurité, etc.). En 1445, le seigneur du lieu affirme que Barre et sa région ont été « ruinés » tant par les « grandes compagnies de gens d'armes » que par les soldats chargés de défendre le bourg. Quelques indices laissent cependant supposer un développement « urbain » certain malgré ces graves difficultés.

Barre est en effet qualifiée de « ville » [sic] dès 1440. Il est probable que ce redressement est en partie du à l'action et au patronage de Louis de Taulignan (v. 1400-1475). Seigneur de Barre, ce commis de l'État monarchique a été bailli du Gévaudan et chargé - au niveau du diocèse - de la perception des impôts entre 1437 à 1467. Il intervient, en 1445, auprès du roi Charles VII pour obtenir l'autorisation de «fortifier » le bourg. Dans sa supplique, il décrit Barre comme « une grosse et belle bourgade, bien maisonnée et édifiée (…) marchessant [ = frontalière] au pays de Rouergue et en plusieurs autres pays et régions ». Il affirme que le « lieu est bien assis et situé en bon pays fertile ». Cette affirmation est étonnante car la plupart du temps on se plaint plutôt de la « stérilité » ou de l' « infertilité » du lieu. Charles VII accorda l'autorisation de « clore et fortifier ledit lieu de Barre ». À cette date, Barre est composée d'un château, d'une « ville » et d'un « faubourg ». Il est fort probable qu'il s'agissait soit de renforcer les murailles existantes, soit plus vraisemblablement de « clore » le faubourg en question (barri en occitan), situé - selon l'étymologie du mot - à l'extérieur des « murs » ceinturant le château et la « ville ». L'édification de cette nouvelle enceinte répondait surtout à des nécessités démographiques et économiques, signes de la croissance du lieu. Un document de 1304 fait déjà état d'un marché (hebdomadaire ? le samedi ?) à Barre. Un texte de 1457 témoigne d'un relatif dynamisme qui s'accorde avec le renouveau démographique et économique de la seconde moitié du XVe siècle : il mentionne en effet des « marchands et négociants fréquentant les bonnes places de Barre ». On peut donc légitimement penser qu'il y avait déjà quelques foires, dûment autorisées par le Roi.

Malgré les incertitudes et les lacunes de la documentation, Barre était devenue, à la fin du XVe siècle, une des principales « villes » du diocèse de Mende. Relativisons : elle n'était « ville » qu'à l'échelle du Gévaudan très profondément rural. A l'échelle du Royaume de France, la localité appartenait au vaste réseau de ces bourgs qui jouaient une place essentielle dans l'essor économique du monde médiéval finissant. Barre présentait la double spécificité du bourg médiéval à mi-chemin entre le village et la ville (grande ou petite). Sur le plan économique, elle concentrait des fonctions marchandes et artisanales : marché hebdomadaire et foires périodiques, lieux d'échanges directs entre producteurs et consommateurs, lieux fréquentés par des marchands venus d'ailleurs (les forains). Les artisans y étaient relativement nombreux, tournés vers la production d'objets de consommation courante (outils, vêtements, chaussures...) répondant à la demande locale. À cette spécificité économique, s'ajoutait une spécificité politique. Le bourg est souvent une création seigneuriale, dictée par l'intention de tirer profit de la fiscalité assisse d'emblée sur son marché et ses foires (le seigneur percevait des taxes sur les transactions). A l'autorité seigneuriale maintenue et matérialisée par une juridiction locale se mêlaient, à des degrés divers, des privilèges économiques et l'autonomie de gestion « municipale ». Ces privilèges apparaissaient comme une condition de la réussite du bourg. Les habitants du bourg bénéficiaient aussi d'une représentation dont l'élite des petits marchands ou artisans locaux ne manquait pas naturellement pas d'assurer le contrôle. L'obtention du consulat en 1329 peut donc s'interpréter par une volonté seigneuriale de favoriser, en partie à son profit, les activités marchandes d'une localité qui tirait des avantages de sa situation géographique à la jointure de deux régions économiquement complémentaires, les Cévennes et les Causses.

Une ville, une vraie, sous l'Ancien Régime.

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De bourg, Barre va devenir une ville (une vraie même si elle est toute petite) en partie grâce à la Réforme (elle a en effet joué un rôle majeur dans l'implantation du protestantisme en hautes Cévennes à partir des années 1530). Barre concentrait alors de nombreuses fonctions politiques, religieuses, économiques et sociales qui en faisait une ville malgré la taille modeste de sa population (environ 490 hab. à l'intérieur de ses murs !). Ses notables revendiquent régulièrement ce statut. C'est aussi à cette époque qu'elle acquiert une structure urbaine incontestable avec ses trois rues principales, ses hautes maisons, ses quartiers nettement individualisés et ses foirails. A cette époque, Barre avait le privilège d'abriter douze foires (une par mois environ). Au XVIIe siècle, elle en gagne une treizième. Elle était alors la seule localité du Gévaudan à être dotée d'un nombre aussi élevé de foires ; la seule ville du Languedoc oriental à pouvoir rivaliser, sur ce plan, avec Barre était... Le Puy en Velay ! La vie de nombreuses familles dépendait de ces foires. Pendant leur durée, les Barrois devenaient des hôteliers ou des cabaretiers. Malgré les guerres de religion (et probablement grâce à elles), la ville a donc renforcé son importance stratégique et son rayonnement.

Jean-Paul Chabrol, souligne l'importance passée du village dans son ouvrage « Barre-des-Cévennes , la ville des foires », et Pierre Albert Clément dans son ouvrage « Foires et marchés d'Occitanie » insiste sur les façades à arcades « miraculeusement conservées »

Le départ de la guerre des Camisards

à Barre, le samedi 22 juillet 1702, c'est la foule cévenole des grands jours, pour la foire de la Madeleine, une des plus importantes de la région à l'époque.

Mais on n'est pas là que pour le commerce : il se dit dans la région que quelques jeunes huguenots, cherchant à fuir la répression royale qui s'est abattue sur le pays, se sont fait prendre à Pont de Montvert ; ils risquent pour les garçons les galères, pour les filles la prison à la tour de Constance.

Celui qui leur servait de guide, Massip, risque, lui, la peine de mort.

L'abbé du Chaila, qui les tient emprisonnés dans sa maison du Pont de Montvert, présent à la foire de la Madeleine, non seulement refuse toute grâce aux familles qui le supplient, mais se vante de plus de châtier ses prisonniers comme il se doit.

Un groupe de protestants décide alors de se réunir le soir sur la montagne du Bougès pour envisager une action de libération, leur centre de décision semblant avoir été le hameau de Vieljouve auquel ils se rendent plusieurs fois.

Le dimanche, on part chercher des renforts à Moissac et au Collet de Dèze

Le lundi 24 au matin, un gros groupe descend du lieudit « les 3 fayards » vers le Pont de Montvert, et tente d'obtenir de l'abbé qu'il libère les jeunes et le guide ; devant les tergiversations de du Chaila, ils finissent par mettre le feu à la porte de la maison, libèrent leurs coreligionnaires, et tuent l'abbé qui cherchait à s'enfuir.

La guerre des camisards commence à ce moment.

Dans la foulée, le groupe continue sur le bourg proche de Frutgères, où ils tuent le curé Reversat et brûlent l’église, et continue vers Génolhac.

La troupe se rend ensuite à St André de Lancize, où le curé Boissonade est défenestré, sans que l'on sache s'il s'agit d'un meurtre ou d'un accident.

Et puis la Devèze, où les insurgés attaquent, pour qu'on leur donne des armes, le château tenu par une famille catholique, qui est massacrée, ainsi que les domestiques.

Le 28 juillet, la troupe des insurgés est surprise au plan de Font-Mort par les troupes royales commandées par le capitaine Poul.

Les meneurs de ceux que l'on n'appelle pas encore les camisards seront exécutés.

Mais la région entière se soulève, sous la conduite de chefs locaux.

La guerre des Cévennes est commencée, et ne s'arrêtera que plusieurs années plus tard.

Un statut exceptionnel pour une si petite bourgade

De 1703 à 1789, Barre a été la « capitale » administrative des Hautes-Cévennes. Au début de la guerre des Camisards, le diocèse de Mende fut doté d'une seconde subdélégation (on dirait aujourd'hui une « sous-préfecture ») pour mieux contrôler les protestants. L'Intendant Bâville aurait pu choisir Florac ou Saint-Germain-de-Calberte mais c'est finalement Barre qui abrita le « subdélégué de l'Intendant ». La position géographique de la localité ainsi que ses nombreuses aménités ont sans doute pesé dans cette décision. C'est aussi la raison pour laquelle une garnison militaire, relativement importante, est restée en place jusqu'en 1761.

Du déclin au renouveau

Après avoir connu une légère baisse après la Révocation de l'Édit de Nantes (1685), la population se remit à croître - irrégulièrement - jusqu'au premier Empire. A cette époque, la commune (qui ne réunissait pas encore Les Balmes et le Bousquet-La-Barthe) comptait près de 500 habitants. En 1830, ces deux communes furent réunies à celle de Barre: on dénombrait alors 731 habitants.

Le XIXe siècle est celui du déclin de Barre. A partir de la seconde moitié du Second Empire, commence une longue décrue démographique liée à l'exode rural et aux mutations de l'économie (industrialisation) et de la société françaises (urbanisation). En 1866, la population communale passe sous la barre (sans jeu de mot!) des 700 habitants. En 1896, on ne dénombrait plus que 546 habitants. La Première Guerre mondiale a été dramatique par ses conséquences démographiques, économiques et sociales. En 1931, il n'y avait plus que 358 habitants contre 529 en 1906. « Capitale » déchue, Barre était devenu un village comme tant d'autres en Lozère et en France. Les foires - qui en faisaient l'orgueil et la renommée - ont décliné dès la fin de la Première Guerre mondiale ; elles n'étaient plus que 4 en 1928 ! L'agriculture barroise (second secteur de l'économie après les foires) n'a pas résisté non plus aux profondes mutations de l'économie française tout au long des années 1880-1970. La régression démographique s'est poursuivie jusque dans les années 80 du XX` siècle. Les Trente Glorieuses, qui ont transformé si profondément notre pays n'ont donc pas profité à Barre. Mais l'Histoire déjoue souvent les plus sombres pronostics.

Quel renouveau ?

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Aujourd'hui, Barre dispose d'atouts esthétiques et environnementaux exceptionnels.

Une situation magnifique, en surplomb de la vallée française, un environnement de toute beauté, et avec le bénéfice de labels régionaux étonnants : Parc National, réserve mondiale de biosphère, valeur universelle d'exception, et classement au patrimoine mondial de l'Humanité au titre de l'agropastoralisme.

La première richesse de Barre est là : environnement et biodiversité.

Par ailleurs, le village a conservé un grand caractère esthétique, avec ses façades préservées et notamment les maisons à arcades, ses placettes, ses fontaines, ses ruelles, son église romane, ses jardins, etc.

De nombreux chemins de randonnée passent par Barre : GR 43, GR 67, GR 72, « chemin des premiers camisards », chemin international « sur les pas des Huguenots ».

Et plusieurs entiers de découverte : sentier du Bramadou, sentier de la Can Noire et du Pesquier, sentier des fosses à loups (en cours).

Barre est également un centre renommé pour la course équestre de fond, avec une manifestation de grosse envergure, les 120 km de Barre, et surtout le passage de « la plus belle course équestre au monde » les 160 km de Florac.

Barre dispose d'une grosse capacité d'hébergement : nombreux gîtes d'étape pour randonneurs, chambres et tables d’hôtes, camping, et un village vacances de toute beauté, classé 3 étoiles.

Tout cela converge vers un avenir touristique incontestable, support bien entendu des activés locales : production agricole, hébergement, commerce, artisanat.